Pourquoi parle-t-on de « danse sociale » ?

Tango social, salsa, bachata, kizomba, swing…

Si vous fréquentez les pistes de danse, vous avez certainement déjà entendu l’expression « danse sociale ». Dans l’univers SBK, on entend même régulièrement parler d’« une sociale » ou d’un social pour désigner une soirée ou la partie de la soirée consacrée à la danse libre.

Mais pourquoi utilise-t-on le mot social ?

Après tout, lorsque nous allons danser, nous ne pensons pas forcément être en train de pratiquer une activité « sociale ». Nous voulons simplement écouter de la musique, retrouver des amis et… danser.

Et pourtant, ce mot dit beaucoup de choses sur notre façon de vivre la danse.

Une danse faite pour être partagée

La danse sociale désigne avant tout une pratique dont l’une des fonctions essentielles est de danser avec les autres.

Elle n’est pas principalement destinée à être présentée devant un public, comme peut l’être un spectacle. Elle n’a pas non plus nécessairement pour objectif de départager les meilleurs danseurs dans une compétition.

On danse d’abord… pour le plaisir de danser et de partager un moment.

C’est ce qui se passe chaque semaine dans des milliers de milongas, soirées salsa, bachata, kizomba, bals swing ou soirées de danses de salon.

On arrive.

On retrouve des connaissances.

On invite ou on est invité.

On danse quelques morceaux.

On change de partenaire.

On discute.

Puis on retourne danser.

La danse devient alors bien plus qu’une succession de pas : elle crée du lien.

« Social » ne veut pas dire « facile »

C’est une confusion assez fréquente.

Une danse sociale n’est pas une version simplifiée ou moins technique d’une danse.

Un excellent danseur social peut au contraire posséder une technique remarquable.

La différence se trouve surtout dans l’objectif de la danse.

Sur une piste sociale, il ne s’agit normalement ni d’impressionner un jury ni d’exécuter une chorégraphie parfaite.

Il faut avant tout réussir à danser avec la personne qui se trouve devant nous, ici et maintenant.

Et cela change beaucoup de choses.

Savoir danser… avec quelqu’un que l’on ne connaît pas

C’est probablement l’une des particularités les plus fascinantes des danses sociales à deux.

Dans de nombreuses soirées, nous pouvons inviter une personne avec laquelle nous n’avons jamais dansé auparavant.

Nous ne connaissons ni ses habitudes, ni son niveau, ni sa façon de bouger.

Et pourtant, quelques secondes plus tard, nous essayons de danser ensemble.

Pour que cela fonctionne, la technique seule ne suffit pas.

Il faut écouter.

S’adapter.

Proposer sans imposer.

Respecter l’espace et le confort de l’autre.

Interpréter la même musique.

C’est précisément cette capacité d’adaptation qui fait souvent la différence entre savoir exécuter des figures et savoir réellement danser socialement.

En tango, pourquoi précise-t-on parfois « tango social » ?

Dans le monde du tango argentin, l’expression tango social permet notamment de distinguer la danse pratiquée dans les milongas d’autres formes pensées davantage pour la scène, la démonstration ou la compétition.

Dans une milonga, la priorité n’est pas de produire des figures spectaculaires.

La piste est partagée avec les autres couples. L’espace disponible peut être réduit. Il existe des codes de circulation et de comportement.

La danse doit donc s’adapter à cet environnement.

Une petite marche parfaitement musicale et confortable peut alors procurer beaucoup plus de plaisir qu’une figure impressionnante.

C’est aussi cela, l’esprit du tango social : danser pour son partenaire, avec la musique et au milieu des autres.

Et pourquoi parle-t-on d’un « social » en salsa, bachata ou kizomba ?

Dans l’univers salsa, bachata et kizomba — souvent regroupé sous l'appellation SBK — le mot anglais social est devenu très courant.

Il permet généralement de distinguer la partie de danse libre des cours, ateliers, animations ou spectacles qui peuvent également composer une soirée ou un festival.

Après les cours…

place au social !

Les danseurs se retrouvent alors sur la piste et changent librement de partenaires au fil des morceaux.

Selon les pays, les villes et les communautés de danseurs, les habitudes et le vocabulaire varient. En français, on entend ainsi aussi bien « le social », « la soirée sociale » que, dans certains milieux, « une sociale ».

Le vocabulaire évolue avec ceux qui dansent.

Changer de partenaire fait partie de la culture sociale

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer lorsqu’on découvre la danse à deux, il n’est généralement pas nécessaire d’être en couple dans la vie pour danser ensemble.

Dans de nombreuses cultures de danse sociale, changer régulièrement de partenaire fait même partie de l’expérience.

Chaque personne danse différemment.

Avec l’une, la connexion sera très douce.

Avec une autre, la danse sera plus dynamique.

Certaines personnes interpréteront énormément la musique ; d’autres privilégieront la simplicité.

Cette diversité nous apprend quelque chose d’essentiel :

notre partenaire fait partie de notre danse.

On ne peut pas danser exactement de la même manière avec tout le monde.

Et c’est justement ce qui rend chaque danse différente.

La piste possède aussi ses propres codes

Qui dit activité sociale dit forcément vie en communauté.

Chaque univers possède donc ses habitudes et ses codes.

Comment inviter quelqu’un ?

Peut-on refuser une danse ?

Combien de morceaux danse-t-on ensemble ?

Comment circule-t-on sur la piste ?

Comment éviter de gêner les autres couples ?

Les réponses ne sont pas exactement les mêmes dans une milonga de tango, une soirée salsa ou un bal swing.

Mais derrière ces différences existe un principe commun :

notre plaisir ne doit pas se faire au détriment de celui des autres.

Partager une piste demande donc aussi de l’attention et du respect.

La danse sociale est aussi une formidable façon de rencontrer des gens

C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles ces danses traversent les générations et les frontières.

On peut arriver dans une soirée sans connaître grand monde et, quelques danses plus tard, avoir déjà partagé un moment avec plusieurs personnes.

Et il n’est même pas nécessaire de parler la même langue.

Une personne peut apprendre le tango en France, partir à Buenos Aires et entrer dans une milonga.

Une danseuse de salsa peut voyager à Madrid, Londres ou New York et retrouver immédiatement certains repères.

Les codes ne seront jamais parfaitement identiques et chaque communauté possède sa personnalité.

Mais la musique et la danse offrent déjà un langage commun.

Finalement, qu’est-ce qu’un bon danseur social ?

Ce n’est pas nécessairement celui qui connaît le plus de figures.

Ni celui que tout le monde regarde.

C’est souvent celui avec qui on a envie de danser à nouveau.

Une personne capable d’écouter son partenaire.

De s’adapter.

De respecter les autres danseurs.

De jouer avec la musique.

Et surtout de comprendre que la danse à deux n’est pas une démonstration individuelle réalisée avec quelqu’un d’autre.

C’est quelque chose que deux personnes construisent ensemble.

Plus qu’une danse, une rencontre

C’est peut-être finalement pour cela que l’expression « danse sociale » est si juste.

Nous venons pour la musique.

Nous apprenons des pas et des techniques.

Nous progressons.

Mais soir après soir, ce dont nous nous souvenons le plus souvent, ce sont les personnes avec lesquelles nous avons partagé ces danses.

Une milonga à Buenos Aires.

Une salsa pendant les vacances.

Une bachata avec quelqu’un rencontré cinq minutes auparavant.

Une valse avec un partenaire que nous connaissons depuis vingt ans.

Des danses complètement différentes, mais toujours cette même idée :

deux personnes se rencontrent, une musique commence… et pendant quelques minutes, elles la partagent.

C’est cela, aussi, la danse sociale.

pourquoi la danse nous fait du bien

La danse fait partie de votre vie ? Elle fait aussi partie de la nôtre.

Une musique, quelques pas, une rencontre… et le plaisir de danser prend le dessus.

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