Est-il vraiment possible de commencer à danser à tout âge ?
« J’aimerais apprendre à danser… mais je crois que c’est un peu tard pour moi. »
Cette phrase, beaucoup de professeurs de danse l’ont déjà entendue.
À 40 ans, certains pensent qu’ils auraient dû commencer à 20 ans.
À 55 ans, ils regrettent de ne pas avoir commencé à 40.
À 70 ans, ils se demandent parfois s’ils peuvent encore apprendre.
Et pourtant, chaque semaine, des adultes de tous âges poussent pour la première fois la porte d’un cours de tango, de salsa, de bachata, de kizomba ou de danse de salon.
Alors, existe-t-il vraiment un âge au-delà duquel il serait trop tard pour commencer à danser ?
La réponse est beaucoup moins liée à notre date de naissance que nous pourrions l’imaginer.
Nous ne commençons pas tous la danse pour les mêmes raisons
Un enfant peut apprendre à danser parce que ses parents l’ont inscrit à un cours.
Un jeune adulte peut vouloir sortir, rencontrer du monde ou découvrir une nouvelle activité.
À 40, 50 ou 60 ans, les motivations sont souvent différentes.
On peut avoir envie de partager une activité avec son conjoint, de faire de nouvelles rencontres, de sortir davantage, de voyager, de retrouver le plaisir de bouger ou tout simplement de réaliser quelque chose que l’on avait toujours eu envie de faire.
Et c’est justement l’une des grandes richesses de la danse :
il n’existe pas une seule bonne raison de commencer.
« Mais je n’ai aucun sens du rythme… »
C’est probablement l’une des phrases les plus prononcées avant un premier cours.
Certaines personnes semblent effectivement percevoir le rythme très naturellement. Pour d’autres, cela demande davantage de temps.
Mais écouter une musique, reconnaître une pulsation, coordonner ses pas et commencer à bouger avec elle sont aussi des compétences qui s’apprennent.
Au début, il faut parfois réfléchir à tout.
Quel pied ?
Dans quelle direction ?
À quel moment ?
Et que font mes bras pendant ce temps-là ?
Puis, progressivement, certaines choses deviennent automatiques.
Un jour, on réalise que l’on vient de faire quelque chose sans même avoir pensé aux pas.
Et c’est souvent un moment assez magique.
« Je n’ai aucune coordination »
Là encore, personne ne commence en sachant déjà tout faire.
Danser demande de coordonner différentes parties du corps, de gérer son équilibre, d’écouter la musique et, dans les danses à deux, de tenir compte d’une autre personne.
Cela fait beaucoup d’informations en même temps.
Il est donc parfaitement normal de se sentir parfois maladroit au début.
Mais notre corps apprend par la répétition.
Ce qui paraît compliqué lors des premiers cours peut devenir quelques mois plus tard un mouvement que l’on effectue sans même y penser.
Nous oublions facilement cela lorsque nous regardons quelqu’un qui danse depuis dix ou vingt ans.
Nous voyons le résultat.
Nous ne voyons plus ses premiers pas.
Le véritable piège : se comparer
Entrer dans une soirée lorsque l’on débute peut être impressionnant.
Sur la piste, certains danseurs semblent parfaitement à l’aise.
Ils connaissent la musique.
Ils dansent avec beaucoup de personnes.
Tout paraît facile.
Et nous pouvons rapidement penser :
« Je n’arriverai jamais à faire ça. »
Mais nous comparons alors notre chapitre 1 au chapitre 20 de quelqu’un d’autre.
Le danseur que nous admirons a peut-être commencé cinq, dix ou vingt ans auparavant.
Lui aussi a probablement hésité.
Lui aussi s’est trompé de pied.
Lui aussi a oublié une figure au milieu d’une danse.
La progression devient beaucoup plus agréable lorsque nous cessons de mesurer notre danse à celle des autres et commençons à observer notre propre évolution.
Commencer plus tard peut même avoir certains avantages
Avec les années, nous n’avons pas forcément les mêmes capacités physiques qu’à 20 ans.
Mais nous avons souvent acquis autre chose.
Davantage de patience.
Une meilleure connaissance de nous-mêmes.
Moins besoin de prouver quelque chose.
Une autre manière d’écouter.
Et parfois une plus grande capacité à apprécier simplement le moment.
Or, dans les danses sociales, ces qualités ont énormément de valeur.
Un partenaire agréable n’est pas nécessairement celui qui réalise les figures les plus difficiles.
C’est souvent celui qui écoute, s’adapte et rend la danse confortable.
La maturité peut donc aussi devenir une qualité sur la piste.
Faut-il être en excellente condition physique ?
Il n’est pas nécessaire d’être un athlète pour commencer à danser.
Mais toutes les danses ne demandent évidemment pas exactement le même effort, et chacun doit tenir compte de ses propres capacités physiques.
L’objectif n’est pas de reproduire les mouvements d’un danseur de 25 ans.
Il est de trouver sa manière de danser.
On peut adapter l’amplitude des mouvements, le rythme d’apprentissage, la durée des soirées et même le type de danse que l’on pratique.
Le plaisir n’est pas proportionnel à la difficulté des figures.
Une danse simple, confortable et musicale peut être infiniment agréable.
La danse sociale possède un immense avantage
Dans beaucoup d’activités, commencer tard peut donner l’impression qu’il faudra des années avant de pouvoir réellement pratiquer.
Avec les danses sociales, ce n’est pas forcément le cas.
Quelques bases peuvent déjà permettre de partager une première danse.
Elle ne sera peut-être pas parfaite.
Elle sera probablement très simple.
Mais elle sera déjà une vraie danse avec une autre personne et de la musique.
Puis le vocabulaire s’enrichit.
La confiance arrive.
On commence à sortir.
On reconnaît certaines musiques.
On retrouve des personnes rencontrées la semaine précédente.
Et presque sans s’en rendre compte, on ne dit plus :
« J’apprends à danser. »
On dit :
« Je danse. »
Et si l’on commence à 50, 60 ou 70 ans ?
Alors on commence à 50, 60 ou 70 ans.
Tout simplement.
Peut-être que l’apprentissage sera différent de celui d’une personne de 20 ans.
Peut-être faudra-t-il davantage répéter certains mouvements.
Peut-être que d’autres choses seront au contraire comprises plus rapidement.
Mais le véritable objectif est ailleurs.
Si nous commençons à danser à 60 ans et que cette nouvelle passion nous accompagne pendant dix ou quinze ans, cela représente des centaines de soirées, de musiques, de rencontres et de souvenirs qui n’auraient jamais existé si nous avions décidé qu’il était « trop tard ».
Et c’est peut-être la meilleure façon de regarder la question.
Le meilleur âge pour commencer ?
Bien sûr, nous pourrions répondre :
le plus tôt possible.
Mais puisque nous ne pouvons pas revenir en arrière, il existe une réponse beaucoup plus utile :
l’âge que nous avons aujourd’hui.
Parce que dans quelques années, nous pourrions très bien nous retourner et penser :
« Pourquoi n’ai-je pas commencé à ce moment-là ? »
Il n’est pas nécessaire de devenir un danseur exceptionnel.
Il n’est pas nécessaire de connaître des centaines de figures.
Il n’est même pas nécessaire d’être particulièrement doué au départ.
Il suffit parfois d’une musique, de quelques pas et de l’envie d’essayer.
Et peut-être qu’un jour, sans même nous en rendre compte, nous deviendrons à notre tour cette personne que quelqu’un regarde sur la piste en pensant :
« J’aimerais tellement savoir danser comme ça. »
La danse fait partie de votre vie ? Elle fait aussi partie de la nôtre.
Une musique, quelques pas, une rencontre… et le plaisir de danser prend le dessus.
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